Les cours de WingTsun suscitent des émotions

2018-07-09T10:51:28+00:00
Selbstverteidigung buchstabiert man WT x 3

Chers instructeurs et élèves de WingTsun,

Ce mois-ci, j’ai réfléchi aux émotions et au cours de WingTsun, et ce surtout du point de vue de l’enseignant.Giuseppe-Schembri

En tant qu’instructeurs de WingTsun, nous aimerions permettre à l’élève d’apprendre et de le (la) soutenir dans son apprentissage. Il ne s’agit ni de faire la leçon aux élèves ni de leur démontrer nos capacités supérieures. Néanmoins, presque tous ceux qui enseignent – ce point concerne probablement plus souvent les instructeurs que les instructrices – connaissent la situation suivante :

Le cours se passe très bien. Tout le monde s’amuse. Les élèves s’efforcent d’atteindre l’objectif désiré du cours. L’enseignant est très motivé et enseigne du mieux qu’il peut, montrant des exercices avec les différents élèves présents. Et c’est dans cette atmosphère dynamique que quelque chose se produit : l’enseignant démontre une attaque avec un élève. Celui-ci est censé – comme démontré – se défendre. L’élève est nerveux et veut faire la défense du mieux possible. Il s’imagine qu’il est vraiment attaqué et se « défend » soudainement avec autant de véhémence que s’il s’agissait d’une situation réelle. L’instructeur surpris ressent immédiatement sa propre montée d’adrénaline, la colère qui monte face à la réaction inappropriée et forte, se demande « Est-ce qu’il veut me défier ? » et contre instinctivement de façon plus violente. Il se rend compte trop tard de l’insécurité réelle de l’élève et a temporairement ses propres émotions hors de contrôle. L’élève est touché, a mal et le choc fait le reste. L’élève ne comprend plus rien. Il voulait juste se défendre du mieux qu’il pouvait. L’ambiance n’est plus si bonne qu’au début.

« Les émotions intenses déforment notre perception. » Dalaï Lama

Dans une telle situation, l’élève et l’instructeur ont fait preuve de la même réaction, puisqu’ils ont tous deux réagi à une menace perçue. L’élève à une menace imaginaire, l’instructeur à une menace réelle. En fait, les instructeurs sont plus susceptibles d’être blessés à la suite de telles réactions excessives de la part d’un élève. L’enseignant doit donc se défendre pour ne pas être blessé. En même temps, l’instructeur est tenu de garder sa force d’impact sous contrôle. Mais, d’un autre côté, il veut aussi avoir l’air confiant face à ses autres élèves, ce qui signifie qu’il ne veut pas être touché. Tout cela cause un stress considérable pour l’enseignant.

Un élève réagit dans une telle situation de manière compréhensible, d’abord avec incompréhension et en se repliant. Il ne se sent pas coupable et est déçu de son instructeur. Il ne comprend pas pourquoi l’enseignant a réagi aussi fortement et se sent inutilement frappé en guise de punition.

C’est aussi très désagréable pour l’enseignant qui se trouve dans cette situation. Il a le sentiment que, pendant un moment, il n’avait pas le contrôle de ses émotions. Malgré la menace de blessure, on attend de lui qu’il résolve la situation avec plus de contrôle.

D’où viennent ces émotions fortes dans la situation d’enseignement ?

Notre cerveau ne distingue pas très bien une menace imaginée, comme celle dans le cadre d’un exercice, d’une menace réelle. L’attaque est perçue comme une menace et, pendant un instant, les personnes concernées ont l’impression d’être dans une situation d’urgence. Des réactions instinctives sont déclenchées. On ressent l’adrénaline. La devise est « Flight or fight ». Au cours, ce sera (presque) toujours « Fight ». Des réactions conscientes ne sont pas possibles dans un tel moment – ni pour l’élève, ni pour l’enseignant.

L’enseignant devient plus expérimenté au fil des années et ne perçoit plus chacune de ces situations comme une menace et peut réagir plus calmement. Mais même pour lui, il y a toujours des moments critiques. Ceux-ci ne peuvent jamais être complètement réduits dans les arts martiaux. C’est dans la nature des choses. En fait, ce ne serait même pas souhaitable d’un point de vue de la self-défense. Effectivement, il s’agit d’être capable de faire face à des situations menaçantes et de connaître ses propres réactions sous stress pour les utiliser à son propre avantage.

Comment faire face à un échange non désiré de coups ?

En tant qu’enseignant :

  • Parles-en à l’élève. Ne le laisse pas seul. Explique-lui ce qui s’est passé et pourquoi ta réaction a si mal tourné. Dis-lui que tu es désolé pour ce qui s’est passé. Même si tu sais que tu n’as « rien fait de mal ». Une excuse ne revient pas à un aveu de tes erreurs et fait du bien à l’autre personne. De cette façon, l’élève sait que tu ne voulais pas le punir ou l’exposer.

En tant qu’élève :

  • Parles-en à ton instructeur. Dis-lui que tu es choqué par la réaction violente et que tu ne comprends pas pourquoi elle a été déclenchée. Demande-lui une explication. Demande ce que tu pourrais faire différemment à l’avenir.

Comment éviter qu’une telle situation se produise à l’avance ?

En tant qu’instructeur :

  • Choisis les personnes avec qui tu peux montrer une technique en toute sécurité. Les personnes dont les mouvements sont incontrôlés sont prédestinées aux actions violentes et ne se prêtent donc pas à la démonstration d’un exercice.

–      Fais attention aux petits signes qui apparaissent toujours avant qu’une telle chose ne se produise.

L’élève :

  • a déjà fait quelque chose de différent de ce qui lui avait été montré plusieurs fois.
  • a peur d’attaquer. Il ne veut pas échouer.
  • perd le contrôle de ses mouvements.
  • respire plus vite.
  • a déjà beaucoup de tonus musculaire au point de contact.

De cette façon, l’enseignement te permet d’entraîner directement la pleine conscience.

  • Explique aussi clairement que possible le but de l’exercice. Dis aussi exactement que possible ce que l’élève doit faire.
  • Si tu utilises les termes « droite » / « gauche » dans tes explications, n’oublie pas qu’il y a beaucoup de personnes confondant les deux côtés. Touche plutôt directement le bras avec lequel l’élève doit agir.
  • Bouge très lentement pendant que tu montres l’exercice. Les élèves comprennent mieux et paniquent moins.
  • Si tu remarques qu’une émotion monte, fais une courte pause. Explique quelque chose de plus ou demande à un autre élève de t’aider à montrer l’exercice. Les émotions peuvent être, par exemple, l’impatience si l’élève ne comprend tout simplement pas ce qu’il doit faire ou la colère, parce que tu te sens provoqué par sa manière d’être.
  • Explique de manière amusante. Cela détend l’autre personne. De plus, les élèves comprennent mieux les explications quand elles sont drôles. Si l’élève a peur, il est sous pression et son apprentissage n’est pas aussi bon.
  • Explique de façon passionnante. Cela suscite l’intérêt de tes élèves qui apprendront mieux s’ils sont intéressés.
  • Ne suppose jamais que l’élève sait quoi faire. Même si tu l’as déjà montré plusieurs fois. Explique l’ensemble du processus à chaque fois. Nous ne pouvons pas supposer que l’élève comprend tout. En général, c’est le contraire qui se passe.
  • Montre et explique la même chose de différentes manières. Vu que tout le monde apprend différemment, cela donne une chance à chacun(e) de comprendre ce qui doit être fait.
  • L’élaboration d’un exercice prend du temps et l’élève doit le faire lui-même. La démonstration seule ne suffit pas pour comprendre un enchaînement et encore moins pour le reproduire.
  • Ne donne pas trop d’ « input » à l’élève. Cela le bloque et le met sous pression.
  • Demande aux élèves de s’expliquer les exercices entre eux. Cela favorise rapidement la compréhension et révèle les incompréhensions. « Nous apprenons en enseignant », avait déjà compris Seneca.

Si ces points sont respectés, les élèves comprennent mieux et mettent ainsi en œuvre les explications données, leur confiance en soi augmente ainsi que leur joie de pratiquer. Ils n’ont ni trop peu, ni trop de détails et sont motivés à apprendre. Dans cette atmosphère détendue, l’élève se sent en sécurité et panique beaucoup moins.

En tant qu’élève :

  • Si tu ne comprends pas quelque chose, demande poliment – même pendant que ton instructeur montre l’exercice.
  • Si tu remarques que tu es stressé, dis que tu ne sais pas exactement quoi faire.

Bref, reste à l’écoute de ton propre corps. Cela t’entraîne à mieux te percevoir toi-même et te rend moins susceptible au stress.

Bien sûr, en tant qu’élève, tu vivras souvent des situations émotionnelles pendant les cours avec tes partenaires d’entraînement. Les « Je-sais-tout » t’énerveront, tu te mettras en colère, parce que ton partenaire voudra toujours porter le dernier coup ou tu auras tout simplement peur de ne pas être à la hauteur de l’exercice. L’apprentissage d’un art martial ne correspond pas à l’apprentissage d’un cours de danse et nous met perpétuellement au défi.

Profite donc de cette occasion pour :

  • connaître tes propres réactions au stress, les contrôler et les surmonter.
  • connaître ses limites et les communiquer clairement. Finalement, c’est ça l’auto-défense !

De cette manière, vous rirez souvent au cours et serez heureux quand vous réussirez quelque chose de nouveau !

Votre Giuseppe Schembri

Source : wingtsunwelt.com

Traduit de l’allemand par SiHing Philippe Roussel

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